L’existence monte et descend comme une ligne de collines

Quelques petits points lumineux nous restituent le monde, un paysage, une vache qui grimpe
le long de la montagne. Tout cela est mouvant, fragile, on voit la vache, mais on ne la voit
pas, on entend une voix, mais on ne la comprend pas, le sol est sur un fil (d’or). Cette langue
étrangère résonne pourtant et se dissout comme l’herbe et les fleurs dans l’image (tel un
miroir aux microgrammes de Walser — disjonction entre le désir d’être compris et de ne pas
être compris), et étrangement, de cette dissolution naît la compréhension (le sentiment).

Je n’ai peur ni du vacarme ni du silence

Un homme (berger, promeneur, vagabond) apparaît et vient se perdre dans ce paysage. Une
voix silencieuse l’accompagne. Traduction de la langue allemande ? Ou est-ce une autre voix ?
La réponse du berger ? La pensée du promeneur ? Deux simples vagabonds qui confabulent,
deux temps qui se rencontrent. Le chapeau sur la tête, il enfonce son bâton dans la terre et le
monde se dérobe une fois encore sous ses pas.
Sous nos yeux, des étoiles.

Seules les craintes sont à craindre

M.M.
2017



Poème des loups